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1. Bonjour Ben J, tu reviens sur les starting block avec l’album  » Dancehall C4 « . Peux-tu nous dire comment est né ce projet ?

Bonjour Black’In… Tout simplement dans mon studio ! C’est un projet qui est, en réalité, assez spontané : c’est un « bébé » qui n’était pas spécialement prévu au programme. Mon partenaire Jacky était sur d’autres projets. J’ai donc eu une période de deux ou trois mois où j’avais le studio à ma disposition et, en même temps, pas mal d’inspiration venue de la Jamaïque et d’ailleurs. Du coup, j’ai commencé à enregistrer et, petit à petit, on a pu sortir Dancehall C4.

2. C’est un album qui porte bien son nom… « So Fresh, so clean » ou encore « Fille du Soleil » sont des titres résolument DanceHall. On ne t’attendait pas du tout sur ce créneau… Pourquoi ce choix ?

J’ai envie de retourner la question dans l’autre sens : sur quel créneau m’attend-on ? (rires). Les gens sont effectivement surpris par la note dancehall de cet album. Pourtant, nous (Neg’Marrons, ndrl) avons essentiellement été reggae-dancehall depuis le début. La majorité des albums de Neg’Marrons ont été enregistrés entre la Jamaïque et l’Angleterre. Alors, en ce qui me concerne, le reggaea-dancehall est ma base. Il est vrai que j’ai fait quelques petites escapades dans d’autres genres avec le collectif Bisso Na Bisso, et d’autres artistes plus « world ». Mais Je n’ai pas vraiment changé mon fusil d’épaule. Cela dit, j’admets ne pas spécialement être dans le sillage de la scène dancehall caribéenne et, c’est peut-être la raison pour laquelle on me reconnait moins sur le genre…

3. On te connait avec ton acolyte Jacky des Neg’Marrons. Pourquoi avoir attendu si longtemps avant un album en solo ?

Pour être honnête, ce n’était pas ma priorité. Je n’avais pas spécialement de plan de carrière solo en tête : ce n’était pas dans mes petits papiers tout simplement (rires) ! Le projet s’est fait parce qu’il y a eu une opportunité, un laps de temps où je me suis retrouvé seul à bosser au studio. Pourtant, on me l’avait souvent suggéré auparavant mais, jusque là, je n’en voyais pas l’utilité… Finalement, je suis plutôt content du résultat (rires) !

4. On retrouve pas mal de collaboration sur cet opus… Finalement être tout seul sur le devant de la scène ce n’est pas tellement ton truc ?

Si si… malgré que le projet Dancehall C4 soit fini, je continue à faire des morceaux seul. Mais, c’est vrai qu’il a des artistes que j’apprécie tout particulièrement, des coups de coeur… Je ne peux pas les inviter sur un projet Neg’Marrons parce que c’est différent alors, ceux tels que Dancehall C4 me permettent de collaborer avec eux avec grand plaisir.

5. On imagine déjà la « Dancehall C4 Family « sur scène et, ça promet !! En toutes confidences, il y a déjà des dates de prévues ?

Il y a effectivement des dates de prévues. Je vais essayer à chaque fois d’y intégrer des duos avec les artistes qui sont sur l’album en fonction de leurs disponibilités. On sera par exemple sur le plateau BeBlack le 14 juillet avec Sir Samuel. Il y a aussi des choses de prévues avec E.Sy Kennenga outre Atlantique mais rien de confirmer pour le moment. Et puis, j’aimerais bien faire une date avec tous les invités. Ce n’est pas évident au vu des agendas de tout le monde mais, on va essayer de mettre ça en place !

6. Est-ce que l’on doit s’attendre à d’autres projets ou même surprises te concernant?

Eh bien oui ! Le nouvel album Neg’Marrons sera là d’ici fin novembre. Il est déjà bien avancé et, c’est vraiment mon prochain cheval de bataille. Neg’Marrons est un groupe qui a aujourd’hui 18 ans d’existence. Ça fait 5 ans, bientôt 6 ans que l’on n’a pas sorti d’album : on a pris le temps de bien réfléchir à ce qu’on pouvait amener de nouveau au public… Notre challenge consistera donc à remettre en avant le groupe en faisant exister ce nouvel album qui, pour moi, risque bien d’être l’un des meilleurs !

7. Portrait chinois : Si tu étais une référence du Dancehall, tu serais qui… ?

Et pourquoi pas un portrait créole (rires) ! Pour être plus sérieux, je dirais Capleton. Pour moi, ce monsieur est un dinosaure. Il est là depuis plus de 20 ans et, aujourd’hui, il fait encore parti des incontournables de la scène dancehall. Il a une énergie incroyable sur scène. J’étais à son dernier concert parisien il y a de ça un peu plus d’un mois et, il m’impressionne toujours autant. C’est vraiment une des références à laquelle je pourrais m’identifier. Et puis, je respecte aussi beaucoup le parcours des anciens parce que ce n’est pas toujours facile de perdurer…

8. Et toi, quel est ton secret pour durer autant ?

Je me fais plaisir avant toute chose. Et puis, je travaille beaucoup. Être un artiste demande beaucoup d’investissement personnel : ce sont des heures de studios, des sacrifices, … Il faut aussi rester soi-même et, pour ça, j’essaye de faire une musique qui me ressemble. Cela crée un sentiment de sympathie auprès des gens qui y adhèrent. Pour finir, en ce qui concerne Neg’Marrons, nous faisons énormément de concerts. Du coup, nous nous développons aussi par la scène et, ça nous permet aujourd’hui d’être encore là…

9. Est-ce qu’un artiste accompli comme toi rêve encore ?

Évidemment (rires) ! Je rêve de pouvoir conquérir les pays anglophones. Il y a un gros marché du côté de Londres ou des pays d’Afrique anglophones… Mais, mon rêve ultime serait de pouvoir un jour jouer, juste un morceau, en formule guitare-voix… Je ne le dis pas à tout le monde mais, pour les lectrices de Black’In Magazine, je fais cette confidence ;-)!

Eh bien, tu seras le bienvenu sur la scène du prochain « Black’In Café » où l’acoustique est au coeur du concept :-p …