Bonjour Laurence et Laurent, pouvez-vous présenter le concept  « Domino » aux lectrices de Black’in ?

Laurent > Bonjour Black’In ! Eh bien, Domino est à la fois une pièce de théâtre et une mini-série diffusée sur la télévision locale guadeloupéenne. Le concept est simple : il s’agit de montrer les différences culturelles qui existent au sein du couple mixte (métropolitain/antillais) de manière humoristique. Pour nous, il était important d’amener les gens à réfléchir à ce que peut être le quotidien d’un couple comme celui-ci tout en dédramatisant par le rire.

La version TV est, quant à elle, calquée sur le format des séries du type Scène de ménage ou Un gars et une fille : c’est une caméra fixe. Contrairement au spectacle où nous ne sommes que deux, nous avons, dans le concept télé, la possibilité de faire intervenir d’autres personnages. C’est une bonne chose, puisque l’humour n’est plus forcément centré sur nous mais, peut aussi venir d’une tierce personne…

Vous êtes aussi ensemble dans la vie… Le couple « Domino » est -il le même dans la réalité et sur la scène ?

Laurent > Dieu merci non, nous ne sommes pas du tout le même couple dans la vie et sur la scène. Sinon qu’est-ce que cela aurait été (rire )! En réalité, Laurence s’est crée le personnage d’une antillaise « cash » et plutôt exubérante. Quant à moi, je joue un métropolitain assez calme qui subit légèrement sa compagne.

Dans ce spectacle nous avons choisi d’accentuer les traits humoristiques des deux personnages pour mieux jouer sur leur antagonisme et provoquer le rire. Bien que certains textes soient inspirés de nos vies, nous nous appuyons aussi beaucoup sur ce que nous voyons au quotidien et ce qui nous est raconté. Nous essayons au maximum de nous coller à la réalité sans faire de caricature pure. C’est ce qui fait que le spectateur à tendance à se reconnaitre dans l’un des personnages. D’ailleurs, une fois, j’ai rencontré un métropolitain à la sortie du spectacle qui m’a dit avoir vu sa vie défiler pendant 1 heure. C’est vous dire combien la pièce est réaliste !

Vous avez multiplié les spectacles en métropole notamment au Bo Théâtre de Paris depuis le mois de décembre, quel bilan faites-vous de ces trois derniers mois?

Laurent >  Le spectacle Domino a été un défi pour nous qui voulions  à la fois intéresser les amoureux du théâtre contemporain et les férus de comédiens antillais. En jouant en France, nous avons eu la confirmation que Domino plaît à un large public. C’était très important pour nous de savoir quel accueil serait réservé à la pièce. Désormais, nous avons la réponse et nous en sommes très fiers…

Avec le recul, d’après vous qu’est ce qui explique le succès de Domino ?

Laurence > Il y a une forme d’empathie dans notre relation avec le public : adultes comme enfants s’identifient… Pour garder cette proximité, nous n’hésitons d’ailleurs pas, lors de nos castings, à recruter des non professionnels. Le concept a donc un côté très populaire qui plaît beaucoup ; les gens nous aiment bien (rires). Il faut dire aussi que nous avons tenté de les réconcilier avec le théâtre en allant jouer directement près de chez eux. Et puis, le fait que le spectacle Domino soit un produit purement local, a participé à notre succès. Sincèrement, On ne remerciera jamais assez la population de nous avoir soutenus, c’est aussi grâce à eux si nous sommes arrivés là !

Avez-vous d’autres projets pour l’avenir ?

Laurence > Des projets futurs ? Oui nous en avons ! Laurent, va bientôt sortir sa pièce et, pour ma part, j’espère faire partie d’autres projets à la télévision ou au cinéma en tant que comédienne. J’ai eu d’ailleurs l’opportunité d’avoir un rôle au sein de la série Platane d’Eric Judor. J’aimerais bien continuer dans cette voie. Et pourquoi pas, intégrer un rôle dans un long métrage. Petit scoop : nous pensons aussi réaliser un long métrage de Domino… À bon entendeur !

Portrait chinois : si vous étiez un proverbe ?

Laurence > « Sé grenn diri ka fè sak diri » (ce sont les graines de riz qui forment les sacs de riz). Autrement dit, c’est petit à petit que les choses se font. On ne peut pas avoir tout tout de suite. Il faut être patient dans la vie. Je ne regrette pas de l’avoir été pour arriver jusqu’ici et je continue de l’être pour que mes autres projets aboutissent…

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