1. Bonjour Sophy, vous êtes une actrice et animatrice peu connue en France. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous ?

Bonjour Black’In. Je suis Sophy Aiida, une actrice d’origine Camerounaise. J’ai commencé le théâtre à 2 ans : j’étais une petite fille plutôt énergique et, on avait conseillé à mes parents de me faire faire cette activité histoire de me canaliser (rires). Je suis tombée amoureuse de la scène dès cet âge-là je crois. Professionnellement parlant, je me suis lancée véritablement en 2007. De fils en aiguille, j’ai eu des opportunités, à New York notamment, qui m’ont fait passer du théâtre au cinéma et à l’animation. Aujourd’hui, je suis de retour en France pour la finalisation de plusieurs projets dont la tournée promotionnelle du film Jeu de Couples de Maxwell Cadevall.

2. Justement, dans Jeu de Couples, vous jouez le rôle de Kenya. Racontez-nous…

Kenya est une jeune fille franco-américaine, une femme douce, qui sait pardonner et qui croit en l’amour. Je me suis beaucoup retrouvée dans le personnage. C’était donc assez facile de rentrer dans la peau de celui-ci. Cela dit, elle et moi n’avons pas du tout le même caractère, ni la même façon de voir les choses. Il y avait des scènes très dures à jouer dans le sens où il fallait que j’accepte ses propres décisions. Mais dans l’ensemble, c’est un personnage qui m’a beaucoup plu. C’est mon premier rôle en français et c’était un beau challenge. Et puis, « Jeu de Couples » est un film positif. Ça change de ce qu’on peut voir tous les jours à la télévision. Le cinéma afro-européen a, selon moi, beaucoup d’avenir. Il ne manque que les acteurs. Alors, il ne reste plus que les jeunes ou même moins jeunes de la communauté aillent prendre des cours d’acting (rires)…

3. Vous avez donc vécu entre le Cameroun, la France et les Etats-Unis. Qu’est-ce que ce mélange de culture vous a apporté ?

L’ouverture d’esprit. Je suis plus tolérante vis à vis des différences. Je ne juge pas même si j’avoue être plutôt moqueuse (rires). Et puis, ces différents voyages font de moi ce que je suis aujourd’hui. C’est une accumulation d’expériences que je prends plaisir à partager à travers mon art : la scène.

4. Qu’est ce que la scène représente pour vous ?

C’est une véritable vocation. C’est réellement ce que je souhaite faire jusqu’à la fin de ma vie. Je me vois bien à 90 ans, être encore debout sur scène (rires). En ce que qui concerne le cinéma, je pense qu’à un moment, j’aurais le désir de passer derrière la caméra pour écrire les histoires ou même les capturer. Il faut dire que le cinéma est plus suivi par les jeunes que le théâtre. Il a donc cette faculté de faire passer des messages à ceux qui ont besoin que des leaders les accompagnent au quotidien…

5. Vous êtes aussi une femme engagée humanitairement parlant puisque vous êtes à l’origine du projet « Nakandé »…

« Nakandé » est une association que j’ai créée en 2009 avec Olivia Ngou dont le but est de permettre aux jeunes camerounaises d’avoir accès à l’éducation et, d’encourager le leadership des femmes en Afrique. Plus concrètement, nous sélectionnons des filles provenant de milieux difficiles et déjà scolarisées au Cameroun. Nous organisons des séminaires durant lesquels elles rencontrent des professionnels qui leur racontent leur parcours. Les meilleures du programme reçoivent également des cours de soutien scolaire tout au long de l’année. Les jeunes filles avec lesquelles on travaille depuis deux ans ont toute eu leur bac l’année dernière. C’est une grande satisfaction pour nous. Nakandé est un message d’espoir en réalité : nous voulons leur donner la possibilité de continuer à rêver de leur avenir…

6. D’autres projets à venir…?

Eh bien… j’ai un projet musical en préparation qui me tient particulièrement à coeur. C’est une chose à laquelle je pense depuis longtemps mais j’ai eu beaucoup de mal à me lancer finalement. Monter sur scène et chanter, c’est comme se mettre à nue devant le monde entier. Je pense que je n’étais pas prête pour ça avant. Il m’a fallu du temps et le résultat arrive très bientôt…

7. Portrait chinois : Si vous étiez une ville…

J’hésite entre Londres et Lagos au Nigéria… J’ai redécouvert Londres il y a une semaine. Ça m’a rappelé les USA : ça bouge, ça ne dort jamais, les anglais sont super ouverts d’esprit et j’adore ça ! Autrement, je suis tombée amoureuse du Lagos en 2011. J’y suis allée pour la promo d’un film et, en attérissant la bas, je me suis rendu compte que cette ville était le futur de l’Afrique. C’est un melting pot de différentes cultures, de succès mais aussi de misères. C’est la première fois que je voyais des gens en Afrique se bouger autant. Alors si je devais faire un choix tranché, je dirais Lagos : c’est un exemple pour moi…