Octobre est l’occasion de mettre en lumière les pathologies féminines les plus courantes telles que le cancer du sein. Pour mieux comprendre ces femmes touchées par la maladie, je me suis rendue auprès des membres de l’association Amazone puis, du personnel de l’hôpital Clarac. Établissement souvent craint et dépeint comme lugubre, j’ai eu la bonne surprise d’y trouver une équipe soignante belle d’espoir, de positive attitude et de professionnalisme. Ce jour-là, nous avons abordé la découverte de la maladie, un processus délicat pour lequel l’accompagnement est primordial…

Bien souvent, on vit sans vraiment se soucier de notre corps jusqu’à ce dernier nous crie à l’aide. Et même quand il le fait, on a parfois du mal à l’entendre. Ce fut le cas pour une Amazone qui, enfermée dans son quotidien, n’a pas vu s’approcher le crabe. C’est son compagnon qui l’a poussé à consulter : il la trouvait plus fatiguée que d’habitude. Seulement, deux jours après la consultation, il fuit en la quittant. L’ouragan « cancer » avait frappé. En plus de vous ravager, le cancer touche à toutes les sphères qui constituent votre quotidien : votre vie amoureuse, professionnelle, familiale, amicale sont parfois perturbées voire carrément balayées. Après avoir perdu son compagnon, notre Amazone, elle, a fait le choix de préserver ses enfants jusqu’à la veille de l’opération. Dire… oui, mais pas tout ! « J’avais de l’énergie pour me soutenir moi-même après la rupture amoureuse. Je n’en avais pas assez pour soutenir mes filles qui seraient effondrées si elles apprenaient la vérité… » me confit-elle. Mais finalement, ne pas dire aux autres pour les protéger, c’est surtout se protéger soi…

Les infirmières d’annonce connaissent bien ce moment délicat : elles ont la lourde responsabilité d’être le premier soignant à détailler l’ensemble du parcours de soin au futur soigné, une fois l’entretien médical passé. Elles sont donc un maillon primordial dans le cheminement du patient. S’assurer de la bonne compréhension de la situation tout en respectant le temps d’assimilation du patient est un rôle délicat. « Parfois, l’urgence fait qu’on n’a pas le temps de prendre le temps. On préfèrerait laisser le patient rentrer chez lui pour qu’il y repense » m’a précisé l’une d’entre elles. « Mais après l’annonce du médecin, puis l’entretien avec moi, il arrive que l’hospitalisation soit immédiate. Affronter tout ceci d’un coup est d’une extrême violence pour le patient. Voilà pourquoi un entretien d’annonce infirmière dure souvent plus de 2h».
Les infirmières d’annonce sont aussi celles qui étudient les besoins qui découleront de l’annonce du cancer. Elles mettent en place des rencontres avec d’autres professionnels pour un accompagnement qui embrasse chaque sphère : l’assistante sociale, le psychologue, le diététicien et même les associations. C’est toute une chaîne qui se tisse autour du patient.

La découverte de la maladie est souvent un cap difficile dans lequel on cherche une forme de soupape de décompression. Un membre du personnel de Clarac m’a assuré que l’hôpital et les associations sont un binôme qui fonctionne très bien. Il faut donc en user. Une ancienne patiente se souvient que : « sortir de l’environnement hospitalier permet à certain d’être plus en phase avec eux-même. Quand on est malade, on cherche un coupable et pour moi, les soignants étaient le problème. J’ai été violente avec eux, car j’étais en colère d’être touchée par le cancer. L’association était une échappatoire. Deux ans plus tard, je peux dire qu’ils ont été formidables de compréhension et de bienveillance à Clarac. »

Cet article vous est proposé par CocoZabrico.com

Merci à l’ensemble des personnes qui ont contribué à ce témoignage.