Aujourd’hui, c’est « day off ». C’est un moment pour qu’on puisse se retrouver. On décide alors de prendre la route pour mieux découvrir Haïti, pour débriefer entre nous et avec les pompiers. Notre périple a duré un peu plus de six heures. Pour ma part, j’ai vraiment apprécié observer tous les paysages qui défilaient : tantôt des centres villes bondés et en effervescence, tantôt des campagnes au creux des montagnes… Voir ces personnes vivre, faire sécher du riz ou du maïs, être simplement posées sur une chaise, etc. C’était géant !

Nous avons dû faire deux haltes. Lors de la première, les habitants du coin étaient à la fois surpris et amusés de voir des étrangers. Je me suis demandée combien de fois ces résidants voient des gens comme nous hormis le personnel des ONG et compagnie. Combien de fois voient-ils des personnes essayant de connaître vraiment leur pays ? Je leur ai souri, mais aucun sourire en retour, pas même un rictus. Impossible de leur en tenir rigueur… Je me rappelle des premiers Jahaitiens à être allé à Village Noé. Ils n’ont pas été accueillis par une liesse. On avait déjà tellement promis aux villageois en vain. Alors, pourquoi cette fois avec Jahaïr ce serait différent ? Haïti c’est 27 750 km2, 10 millions et quelques d’habitants et, Jahaïr n’est pas en mesure d’aider partout. Comme on dit créole « mwen envi pléré mè mwen passa pléré » (« j’ai envie de pleurer, mais je n’y arrive pas »). Pleurer de tristesse, parce que moi nous, Jahaïr, ne pourrons pas voler au secours de tous les Haïtiens. Pleurer de joie, parce que même si Village Noé est minuscule, notre action y est bien réelle. Elle change la vie de ces familles. Il fallait 45 minutes pour se rendre à Village Noé il y a plus d’un an. En effet, il n’y avait pas de route, ni de chemin tout tracé. On ne pouvait pas y aller sans son coutelas. Aujourd’hui, il faut un plus de 15 minutes. Il n’y a toujours pas de route goudronnée, par contre le chemin en terre est clair et dégagé. Quelques fois les petits changements créent de grands bouleversements…

En rentrant, à l’hôtel je n’étais toujours par capable d’exprimer ce que je ressentais. Tout ce que je sais c’est que j’aime aimer, être aimée, j’aime aimer d’aimer … En gros c’est DÉVORANT D’AMOUR ! Croyez-moi rien de mieux que ces shots d’amour … Petits mais efficaces !

Valy MounLanmou SemeuseDamour LoveSower