En voyage à Haïti du 17 au 24 mai 2012, JAHAIR nous relate tout de leur expérience, de leurs satisfactions, mais aussi de leurs émotions… Mathilde, membre de l’association présente sur les lieux, nous offre chaque jour un moment de partage unique à lire sans modération !

Nouveau soleil qui se lève ce matin sur Haïti. Il est 7h quand on quitte l’hôtel et la ville de St Marc dans la région de l’Artibonite est déjà bien éveillée. La route pour accéder à Village Noé est plutôt longue, et la chaleur rend le voyage un peu difficile. Mais, nous, les passagers, sommes dans la joie car nous sommes impatients d’arriver la bas et de les revoir !

Le travail commence de suite… Chacun a son questionnaire et va de maison en maison poser des questions aux habitants sur leur mode de vie. « Comment t’essuies tu après tes besoins ? » Sidius, 56 ans, 4 enfants, célibataire me répond « Evè an Roch , Map ka join » Avec une pierre que je vais trouver (dans la nature). En comparant nos témoignages, les réponses varient : avec des feuilles, avec la main etc.
Je ne suis qu’à la première maison mais mon cœur flanche déjà. Il est 11h le soleil tape et à l’intérieur de cette case : LE NOIR. Un lit, des chaises et une table placés dans le même espace empêchent le passage. Dans la seconde pièce de la maison, c’est à dire la dernière, sont entassés des « bok it », des seaux où il stocke l’eau de la citerne (qu’on alimente régulièrement). La cuisine est dehors… les poissons séchés pêchés deux jours plus tôt à la rivière, après trois heures de marche, sont à même le sol. L’odeur est insoutenable. Lui, est sale, sa maison est mal rangée et pourtant je discute avec lui avec un tel dynamisme que j’en oublie les cafards et autres compagnons indésirables. La communication est difficile et ils ont leur propre patois. Alors, je m’excuse à chaque que je dis un mot…de peur qu’ils ne me comprennent pas. À chaque fois que l’un d’entre nous rentre dans l’une de ces pièces, il en ressort avec une nouvelle réalité, une envie d’être un super héros et de tout transformer en un jour.
Le problème de l’eau à Village Noé est déconcertant. Cela handicape leur mode de vie : pas de recoltes depuis 7 ans nous disent les habitants désespérés. Très vite, Dr ROMERO Fait des premiers diagnostics et descelle des cas de galle, des infections, des grossesses précoces, un manque d’hygiène…
L’après midi, nous rencontrons les matronnes (accoucheuses de Villge Noé) ainsi que les enseignants. Et ce diagnostic des problèmes cruciaux de ce village en compagnie de ces personnes, nous ont permis d’affiner notre mission.
Le départ est douloureux. Une petite fille m’a demandé de lui donner de l’eau. Ça a été un déchirement de savoir que j’avais 2 bouteilles d’eau remplies dans mon sac  mais que je ne pouvais pas les lui donner : la règle est simple si je t’en donne à toi, je dois en donner aux autres. Devoir lui dire « non » m’a brisé le cœur.
Au moment de ce départ, j’ai lu dans leurs yeux, en particulier de ceux des jeunes, de l’espoir. Cet espoir, cet espérance qu’un jour ils pourront s’en aller à leur tour.
« Un jour notre jour viendra…! » Ils ont envie d’être aidés et d’être formés. D’ailleurs ils l’ont dit, ils veulent qu’on les aide à se débrouiller seuls. Et j’espère de tout mon cœur, que JAHAIR pourra contribuer à ça. J’espère que JAHAIR, grâce à la contribution de tous ces membres, puisse faire naître en eux, non seulement l’espoir et l’amour, mais aussi leur faire voir que la roue tourne et qu’esperer ne sera JAMAIS vain.
Merci à vous de nous lire, de partager cet article à vos amis. Merci de penser à nous et à eux.
Et je dédie ces quelques mots à deux personnes qui sont chères à notre cœur, Esy et Mustaf, la route sera longue et difficile mais grâce à des gens comme vous, grâce à cet amour que vous nous donnez à transmettre nous y arriverons ! Et MERCI pour votre patience, votre disponibilité, la force que vous nous donner. BOULE DE LOVE
L’amour que j’ai en moi depuis quelques jours est aussi grand que l’océan, et je le déverse avec tellement de joie et d’émotions que ça en devient irréel. En espérant que de la où vous lirez ces mots vous puissiez recevoir cet amour.
FROM HAÏTI WITH JOY