En voyage à Haïti du 17 au 24 mai 2012, JAHAIR nous relate tout de leur expérience, de leurs satisfactions, mais aussi de leurs émotions… Mathilde, membre de l’association présente sur les lieux, nous offre chaque jour un moment de partage unique à lire sans modération !

C’est fou de voir à quel point les journées passent vite ! On est le mardi 22 mai, la fatigue est de plus en plus dure et forte, le réveil est compliqué et il reste tant de choses à faire.

Nous étions à Pont Sonde toute la matinée, et à Village Noé cet après midi. Pont Sonde, c’est vraiment magnifique ! Les enfants nous appellent les « blancs » parce qu’on leur ramène des petits jouets. Ça fait rigoler. Et puis ça surprend de voir des maternelles (3 ans) parler français mieux que nous.

Pendant notre session de travail, nous avons pris le temps de comparer nos ressentis sur les enquêtes, la cohérence des questionnaires etc. Malheureusement nous nous sommes rendu compte que certains des habitants nous ont menti. Pourquoi ? Ils n’ont rien et comptent sur nous pour les aider. Combien de fois, ils ont du avoir des promesses de « faiseurs de miracles » et qu’au bout du compte ils n’ont rien eu. Combien de fois ont-ils pensé que le bout du tunnel n’était pas loin, et ensuite du repartir de zéro. Imaginez-vous leurs vies ! Leurs maisons, leurs enfants, leurs situations, etc. leurs combats de vie de tous les jours. Malgré nos mises en garde certains continue de nous mentir… Mais j’ai alors compris qu’il ne servait à rien de les juger et les condamner. Nous qui nous plaignons d’un rien, parce que rien ne se passe comme on l’avait prévu, parce que l’argent manque pour partir en vacances alors que nous avons un smartphone et que nous vivons correctement. Toutes ces attaches matérielles, ils ne les ont pas ! Ces gens n’ont rien… Alors, non, je ne leur en veux pas de me dire qu’ils ont 5 enfants alors qu’ils ont en 3. Non, je ne leur en veux pas d’espérer à travers les actions que JAHAIR propose. Non, je ne leur en voudrai jamais pour ça…

Pour d’autres la confiance s’est installée et peu à peu certaines langues se sont déliées…

C’est le jour des consultations et tous se bousculent pour être examiné.

Un petit garçon de 5 ans a le pied qui pèle. On découvre alors qu’il a eu une cloque d’eau. Ce « Pitit » comme ils disent a le pied rempli de sang et de pue. On est obligé de lui enlever une partie de sa peau. Son courage m’a bouleversée… Mes yeux étaient remplis d’effroi…. Mais il était si courageux.

Ce voyage tout entier est une leçon de vie… une véritable giffle que l’on se prend en pleine figure! Ça secoue, ça bouge, ça fait mal, mais en même temps, ça me fait du bien. La fatigue s’en va, et tout le reste disparaît. Ne reste plus qu’eux, que nous et ce qui nous lie. Le reste ne compte plus !

FROM HAÏTI WITH LOVE