En voyage à Haïti du 17 au 24 mai 2012, JAHAIR nous relate tout de leur expérience, de leurs satisfactions, mais aussi de leurs émotions… Mathilde, membre de l’association présente sur les lieux, nous offre chaque jour un moment de partage unique à lire sans modération !

Tellement de choses à écrire que je ne sais plus par quoi commencer ! C’est beau, tellement beau ! Ici, je croise la vie de part et d’autres des chemins… D’un côté des enfants curieux, et de l’autre les plus vieux un peu méfiants car ils en ont déjà tellement vu des gens comme nous… Pourtant, les premiers contacts sont bons, beaux et savoureux d’amour. Il fait chaud et la chaleur est lourde à en crever. Mais, on n’oublie vite ces petits détails. Au début, on devient parano, suspectant tout le monde d’avoir le choléra. Et puis, on oublie… On se fond dans ce pays et on s’y sent chez nous !

J’ai assisté à la fête du drapeau, quelle merveilleuse fête : mélange entre le 14 Juillet, notre mardi gras et la culture haïtienne. Mélange assourdissant de beauté : les enfants en uniformes, fanfares et pick up en guise de char pour la musique, drapeau en l’air pour exprimer sa fierté d’être Haïtien.

Les rencontres s’enchaînent, infirmières, médecin responsable de la zone de Pont Sondé. Échanges fort fructueux qui promettent le succès de notre mission dévaluation sanitaire.

Très vite, la réalité nous rattrape et les failles du système surprennent comme au premier jour. Un petit bonhomme vient de se casser le poignet, en larmes, en sueur, accompagné d’une inconnue, ils se dirigent vers le presbytère vont réclamer de l’aide au PRÊTRE. Ces supers héros, super men répondant à tous les maux de cette population. Dieu merci, le médecin Dr ROMERO (JAHAIR) et un médecin Haïtien, le soigne immédiatement. Direction l’hôpital où nous avons tout fait pour qu’il soit pris en charge de suite.

Après cette émotion forte, nous allons de suite à village Noé. WAOUH !!!!!! Quel décor, quelle leçon, quelle claque, quelle baffe de la part de la vie.

Enfants nus, remplis de poussières, bébés atteints de galle et de diverses maladies. Ils jouent avec des preservatifs usagés. Femmes enceintes assises dans la poussière, consommant de l’eau contaminée. Et portant l’espoir vit en eux ! Je visite LA SEULE ET UNIQUE classe de 81 élèves de l’école et découvre une bande de jeunes (3/4 ados) qui ont créé une association pour le développement de leur village. Ils organisent un spectacle et cherchent des fonds pour le réaliser (musique, groupe électrogène…)

Ça m’émeut beaucoup… Et cette phrase qui est écrite sur le tableau : « Les efforts font les forts« . C’est tellement vrai ! Ca m’a redonné du punch !

Après avoir discuté avec eux, on leur annonce pour leur plus grande joie qu’on reviendra demain, et après demain, et après après demain. Et ils sont prêts et contents de nous accueillir.

Sur la route du retour, j’ai fermé mes yeux et j’ai savouré l’amour qui émanait de moi pour eux. Et c’est tellement bon de ressentir ça. C’est tellement de se dire que toutes ces fois où je me suis battue pour que JAHAIR se fasse connaître, en fait… Je me battais POUR EUX ! Mes mots sont confus et empreints d’émotions.

Merci de nous lire, merci de penser si fort à nous et à eux.

Je trouve cette phrase tellement banale…et pourtant aujourd’hui ça vient du plus profond de mon cœur.

FROM HAÏTI WITH LOVE

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