Octobre est l’occasion de mettre en lumière les pathologies féminines les plus courantes telles que le cancer du sein. Pour mieux comprendre ces femmes touchées par la maladie, je me suis rendue auprès des membres de l’association Amazone puis, du personnel de l’hôpital Clarac. Établissement souvent craint et dépeint comme lugubre, j’ai eu la bonne surprise d’y trouver une équipe soignante belle d’espoir, de positive attitude et de professionnalisme. Ce jour-là, nous avons abordé l’après cancer, un moment parfois encore plus difficile que la maladie elle-même.

Et après que le corps ait été ravagé par un traitement dévastateur, que les moments de doutes, de désarroi puis d’espoirs se sont chevauchés ? Une ancienne patiente me confit qu’il faut réapprendre à vivre avec un nouveau corps, trouver du positif dans l’épreuve. Elle me précise qu’elle a perdu 20 kilos, mais ce fut le régime le plus douloureux de ma vie. En plus de la dimension physique, il faut aussi affronter l’entourage. Elle continue sur un ton exaspéré : « Quand on a terminé avec la partie aiguë du traitement et qu’on peut enfin reprendre sa vie, on n’a pas envie d’être sans arrêt ramené à cet épisode. La famille, les gens t’enferment dans cette période là, comme si ça représente TOUTE ta vie. Sauf que j’en suis sortie, alors il faut cesser de vouloir m’y faire rester en m’en parlant dès qu’on me voit ! »  Une Amazone, quant à elle, me souffle que « l’après-cancer… quand on pense que ça ira, c’est encore plus dur ! ».

On croit souvent à tord, qu’une fois qu’on reprend son train de vie qu’une écoute thérapeutique n’est plus nécessaire. Hors, par exemple, certaines patientes qui ont vécu l’annonce, l’opération, la chimiothérapie et la radiothérapie en sont encore à l’étape du choc de l’annonce. Il ne faut donc pas négliger la continuité des soins quand cela s’avère nécessaire afin de renouer plus sereinement avec sa vie. « J’ai repris le travail, mais c’est comme si je devais tout réapprendre. Je me suis sentie comme une incapable. Encore une épreuve qui a perturbé ma confiance en moi. » m’avoue l’Amazone.

Projet Amazones est d’ailleurs l’une des associations qui accompagne les femmes et leur entourage à embrasser leur nouvelle vie. L’équipe de Black’In Magazine a eu l’occasion d’interviewer Alexandra Harnais, présidente de l’association, dans Ma première fois pour Octobre Rose. Un entretien que vous pourrez retrouver juste ici :

 

Cet article vous est proposé par CocoZabrico.com

Merci à l’ensemble des personnes qui ont contribué à ce témoignage.