Octobre est l’occasion de mettre en lumière les pathologies féminines les plus courantes telles que le cancer du sein. Pour mieux comprendre ces femmes touchées par la maladie, je me suis rendue auprès des membres de l’association Amazone puis, du personnel de l’hôpital Clarac. Établissement souvent craint et dépeint comme lugubre, j’ai eu la bonne surprise d’y trouver une équipe soignante belle d’espoir, de positive attitude et de professionnalisme. Ce jour-là, nous avons abordé la rechute, un sujet souvent tabou…

« La rechute ? Non, je dirais la trahison ! La trahison du corps qui ne m’a pas suivi malgré tous mes efforts pour cracher ma victoire à la face de ce putain de cancer ! » commence cette jolie femme. On ne parle pas beaucoup de rechute quand on parle cancer. Il s’agit sans doute de repousser au plus loin cette possibilité, cette malheureuse réalité. Cela permet certainement d’épargner le frêle espoir qui renaît chez celles qui n’en avaient plus. Et pourtant, en parler c’est aussi affronter le crabe, le terrasser.

La colère fut le premier sentiment ressenti par cette patiente : « J’étais en colère que ce corps ne sache pas être aussi fort que moi je le voudrais, en colère contre tout le monde, en colère contre la vie de me faire vivre ça encore une fois, en colère contre Dieu, en colère contre moi de ne pas avoir su être plus forte mentalement… Comme si mon mental seul m’immunisait d’une rechute ». Il lui a fallu une bonne semaine pour accepter cette annonce, pour avertir que l’ouragan est de retour et, mettre tout en place pour sauver les meubles. Car, il y aura des dégâts mais, il faut sauver l’essentiel : sa vie. « Je n’ai pas pensé un seul instant à baisser les bras » m’assure-t-elle avant de poursuivre : « ensuite, je me suis demandé pourquoi. Je suivais pourtant mon hormonothérapie assidûment, je riais tous les jours, toujours positive et à la moindre faille je me motivais avec du sport, des sorties… bref, je prenais soin de moi comme jamais avant ! Et puis, on commence le traitement et on a peur… peur que ça ne fonctionne pas. Chaque jour est un combat, mais j’y crois » fini-t-elle les larmes aux yeux.

Le corps soignant, en équipe pluridisciplinaire, est tout aussi vigilant aux patients vivant une rechute ainsi que leur entourage. Et bien sûr, les associations comme Sein’gulière (voir encadré) ne sont jamais bien loin pour aider les malades à surmonter, une fois de plus cette épreuve.

Cet article vous est proposé par CocoZabrico.com

Merci à l’ensemble des personnes qui ont contribué à ce témoignage.